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VOYAGES RÉELS et IMAGINAIRES au NÉPAL (été 2009, été et automne 2011 ).

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SWAYAMBHUNATH ou de la LIBERTE (7.09.2011).


SWAYAMBHUNATH

 

ou

 

de la LIBER




 

J'ai rendez vous avec Anastasia à 8h sur le pont de Teku.

Elle arrive à l'heure et nous longeons la Vishnumati vers le nord.

La route est poussiéreuse. Heureusement, le trafic est assez faible.

La veille, elle a accompagné en bus un ami népalais en banlieue de Katmandou. Il allait à son école d'ingénieurs pour connaître ses résultats d'examens.

 

 

Sur la route, nous trouvons plusieurs lieux intéressants.

Une place simple avec un stupa bleu et blanc.

Plus loin, un temple hindouiste avec un triple toit dans une cour. Je discute avec un ou deux hommes, près desquels je m'assieds.

Un chien quémande des caresses, je lui en donne.

Nastia a peur des chiens, me montre une cicatrice à la jambe.

Depuis l'enfance, le traumatisme la marque encore...

Elle me donne même une dose de liquide désinfectant !

 

 

Nous franchissons le troisième pont, l'eau est toujours aussi polluée.

Des gros cubes de déchets sont stockés sur une rive...

En continuant tout droit, nous aboutirons à Swayambjunath.

Je suis venu par ce chemin en 2009. Je reconnais les lieux.

Depuis la Vishnumati, la route monte en pente assez faible au milieu des boutiques.

 

 

Nastia est originaire d'une petite ville (300.000 habitants) de la région de l'Amour, en Sibérie orientale.

À l'époque, elle a voyagé plusieurs fois en Chine.

Elle s'est mariée à 20 ans.

-"C'est trop jeune. J'aurais dû attendre. À cet âge, on ne sait pas vraiment ce qu'est l'amour !" Divorcée à 26 ans...

 

 

Les deux années à Moscou ont été pénibles.

Loger en banlieue moscovite n'est nullement paradisiaque...

Transports interminables et épuisants. Impossible d'écrire, de lire ou de se reposer dans les trains.

Subir une heure et demie au minimum debout, compressée contre les autres passagers, malmenée par des secousses violentes...

Elle pourrait réécrire "L'Enfer", version moscovite.

 

 

Nastia n'aime pas les transports en commun.

Quand je lui raconte mes virées en bus ou en jeeps en Inde ou au Népal, ses réactions sont révélatrices...

À l'opposé, je garde un excellent souvenir des transports parisiens (bus, métro, trains).

J'y ai lu des dizaines de livres et écrit de nombreux textes. 
 

 

Le stupa se détache de loin au sommet de la colline.

Beau temps ensoleillé, ciel bleu.

Arrivés au pied de la colline, nous montons le premier escalier qui mène à trois superbes statues de Bouddha assis dans un sous-bois.

 

Premières photos.

Nastia me demande de la photographier avec son compact devant un Bouddha multicolore. 

Je suis heureux de monter bientôt l'escalier principal jusqu'au site.

Mais où sont les singes ?

Un moine tient par la main un jeune garçon. Vieillesse et jeunesse s'entendent pour monter les marches avec lenteur.

 

 

Un homme dépose sur le socle d'une statue une lourde caisse.

-"You need rest, sir !"

Il parle anglais et nous sympathisons. C'est un vendeur qui porte sur son dos son fond de commerce... (je garde pour moi ce que cette situation a de symbolique).

Il tente de me vendre un bol musical. Je lui explique que je devrai, comme lui, porter sur mon dos chaque achat...

N'est-il pas plus sage de s'abstenir ?

 

 

Il se retourne alors vers Nastia.

La pauvre n'est qu'au début de tentatives incessantes pour lui fourguer telle ou telle camelote de Swayambhunath à Patan...

Devant son étal, nous écoutons le son de deux bols.

Nastia déteste le concert, ce qui règle la question achat. 

 

Aux abords de l'escalier, les singes descendent la pente.

Le moine balaye une galerie, où il s'installe avec son petit-fils.

Nastia s'étonne. Venue à Swayambhunath en août avec un ami népalais, elle ne connaissait pas cet escalier. Ils sont arrivés et repartis par un accès sur l'autre versant de la colline.

-"Et puis il faisait très nuageux. Mes photos n'étaient pas réussies !"

-"Aujourd'hui tu as de la chance. Le temps est magnifique et tu découvres l'entrée principale avec son escalier pour chamois !"

 

 

À chaque pallier du long escalier, des statues, de petits stupas ou des chatyas ponctuent l'espace.

Les singes sont de retour !

Un Népalais leur donne une sorte de bouillie, rapidement distribuée.

-"Nastia, If you want to have good friends, come back here with bananas. Monkeys won't refuse your gift. They never can resist !"

 

On taxe les passants dans une guérite juste avant l'arrivée.

Pour les étrangers c'est plus cher : 200 roupies.

Au sommet, un gros vajra doré domine l'escalier.

Mais le point de mire est le magnifique stupa bouddhiste, avec ses yeux à la Big Brother.

 

 

Sur l'esplanade, le panorama est magnifique, dégagé sur Katmandou.

L'urbanisation gagne, s'étend en banlieue sur de vastes territoires.

Nous ne restons guère malgré l'heure matinale.

La chaleur monte rapidement.

 

Nastia actionne les tambours de prières, alignés en cercle autour du stupa. J'ai envie de photographier les mêmes détails qu'en 2009...

Des moines chantent en s'accompagnant d'instruments.

Seul, je me serais assis pour un bon moment en écrivant.

Alors je m'adresse à Nastia :

-"We are free to visit the site as we want, OK ?  With our own rythme. For example, I can sit here with music and write a moment."

 

 

Derrière le stupa, des prêtres donnent leur bénédiction sous une toile de tente. Les femmes s'empressent.

Chacun circule avec son idée : offrir de l'encens, recevoir la Tikka sur le front, faire tourner les tambours de prières, photographier cette mini statuette de bronze, admirer le regard panoramique du stupa...

De temps en temps, la trajectoire de Nastia recoupe le mienne.

Nous discutons.  

 

 

Un autre prêtre hindou, assis au milieu d'un attirail d'objets, célèbre un rituel avec un livre.

Foisonnement du polythéisme. Tous ces objets rassurent. Mais l'angoisse résiste...

L'encens embaume cet espace, ponctué par les flammes des lampes.

Une vieille femme a le regard incertain des condamnés à mort du lendemain.

 

La cour suivante est entièrement tapissée de pierre : stupas et chaityas se concentrent en une densité rare.

Contre un mur, entre les boutiques pour touristes et pèlerins, un Bouddha debout d'une pierre sombre ressemble aux Tirthankars jaïns. 

Les boutiques proposent : masques, statuettes, bols musicaux, guides en plusieurs langues, encens, et bien des choses. 

 

 

Nous descendons vers une petite place.

Un commerçant m'interpelle :

-"You are French ! Have a look in my shop !"

-"It's easy to know that. You see so many foreigners. And because my french accent in english !"

-"Yes, you are right. Your french accent... Do you want to see musical bols ?"

-"What is the country of my friend ? Maybe, It will be more difficult !"

-"I haven't hear your friend, sorry..."

 

De fait, Nastia s'éloigne pour répondre à un appel téléphonique.

Sans doute, un de ses amis népalais.

Je salue le commerçant, bavarde avec la vendeuse de l'échoppe voisine, qui me propose de la musique répétitive (la mélopée diffusée en continue dans les rues de Swayambhunath !).

Je me demande si je vais photographier une sculpture de Bouddha.

 

Un vieil homme m'aborde.

Je raconte notre conversation dans :

"LE SAGE DE SWAYAMBHUNATH".

J'en apprends beaucoup sur la vie de cet homme, qui nous offre le thé et deux statuettes (un Bouddha et un cheval).

 

 

Cette place favorise les confidences...

Nastia trouve son divorce positif. Il lui a permis de commencer une nouvelle vie.

Au cours d'un séjour d'un mois à Sydney, elle commence une relation avec un Népalais, de passage en Australie.

Elle est perturbée, car il vient de partir pour Dubaï. 

 

 

Nous descendons un escalier vers un stupa, construit dans un sous-bois. Les drapeaux bouddhistes relient les arbres, sont des liens multicolores entre la terre et le ciel.

Un marchand nous aborde, s'accroche, mais je ne me soucie pas de lui. Il s'agrippe verbalement à Nastia...

Pendant que je photographie les drapeaux ou le stupa, Nastia se dépatouille avec Mister Ventouse.

 

 

Amusé, je corrige juste une de ses phrases :

-" You allways say : I will GIVE YOU... Really, is it a gift ? Or you just wanted to tell : I will SELL YOU ?"

Mister Ventouse me regarde avec stupeur, comme on fixe un sourd-muet qui se met à parler. Il s'éclipse aussitôt. 

 

 

Le chemin mène à une fontaine de la paix.

Nastia envoie plusieurs pièces et réussit à en placer une sur le socle de la sculpture. Jack pot !

Elle est contente, car en août toutes ses tentatives avaient échoué. Nous nous frayons un chemin à travers le bagoût des vendeurs.

-"Ils m'agacent, ils sont vraiment pénibles !".

-"Je sais, quand ils exagèrent, la colère pointe. Le seul remède est une sérénité intérieure. Lorsqu'on est calme, personne ne peut nous déstabiliser. Même chose avec les animaux !" 

 

 

De retour sur l'esplanade, nous visitons la petite collection de sculptures de pierre. Des dieux hindous et surtout des Bouddhas.

Elles sont souvent abîmées.

La dernière est un Bouddha couché, après sa mort, comme on les aime à Kushinagar.

La mort étant impopulaire, surtout pour ceux qui divinisent le Bouddha contre son gré, certains préfèrent parler de para nirnava...

 

 

Une galerie mène au premier étage d'un vieux monastère bouddhiste.

J'y grimpe pour faire quelques photos.

Restée en bas, Nastia circule autour du stupa.     

Je passe une demie heure dans la salle de prières, qui me plaît pour son calme.

Un moine entretient des dizaines de lampes allumées, qui chauffent la salle et la nimbent de miel.

 

 

Sur une banquette près du gong, j'écris tranquillement des notes sur cette matinée.

La salle est très peu fréquentée. Un homme regarde mes écritures longuement, va faire une prière, revient regarder dans mon cahier...

Le moine a fini de s'occuper des lampes et se repose près de l'entrée. 

 

 

Mais Nastia a dû me perdre, sinon elle m'aurait rejoint.

Je quitte le monastère, la trouve presque aussitôt près des tambours de prières.

-"Je t'avais perdu ! Je me demandais où tu étais !"

-"J'étais à deux pas d'ici. Tu ne pouvais me perdre !"

Et je la guide dans la salle de prières, où nous passons cinq minutes.

 

 

Après un dernier tour de l'esplanade, nous descendons le grand escalier, qui plonge vers Katmandou.

Nastia se couvre la tête d'un écharpe blanche :

-"Je ressemble maintenant à une femme locale. Tu m'as prise pour une Italienne, car si j'ai une mère russe, mon père est Georgien. Mais je ne l'ai pas connu."

 

Moi, mon père, je ne le connais que trop.

Vivre à 10 000 kilomètres de lui est un bonheur. 

 

 

  

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 13:03, le 8/09/2011 dans G71. SWAYAMBHUNATH, ou de la LIBERTE, Swayambhunāth
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