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VOYAGES RÉELS et IMAGINAIRES au NÉPAL (été 2009, été et automne 2011 ).

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Le TRAVAIL des POTIERS de BHAKTAPUR (22.07.2009).

 

Le TRAVAIL des POTIERS

de BHAKTAPUR

 

 

 

 

Je loge dans une guesthouse (Nipa G.H), située dans le quartier des potiers de Bhaktapur.

La plupart du temps, en sortant, je monte à gauche vers la place Taumadhi.

Mais en descendant sur la droite, je débouche en 20 secondes sur Pottery Square, grande place rectangulaire, à Talako.

 

Aujourd'hui, je découvre, place des Potiers, des centaines de poteries, séchant sous des galeries ouvertes, ou dehors au soleil.

Celui ci est timide, les nuages et la pluie prenant souvent le dessus.

 

Traversant une galerie occupée par de nombreuses poteries noires, je trouve un potier au travail dans son atelier.

Il fabrique des tirelires en glaise sur un tour artisanal.

Dans la cour, son fils prépare les blocs de glaise noire.

Il les malaxe longuement, enlève les impuretés.

Puis il leur donne la forme d'un tronc conique.

 

Roshan, 19 ans, répond volontiers à mes questions.

Chaque bloc de glaise pèse 10 kg, permet de fabriquer entre 15 et 20 tirelires, d'un modèle moyen.

Il ne faut pas plus de six mois pour apprendre à tourner ces tirelires, faciles à produire.

Bien sûr, il a appris le métier avec son père.

 

Je regarde le potier tourner tirelire après tirelire. C'est passionnant !

Du bloc de glaise en tronc conique, voir jaillir un récipient, l'un après l'autre, entre les mains du potier, comme s'il accouchait la civilisation à partir de la terre brute...

Je ne photographie qu'après m'être rassasié de ce jaillissement créateur, presque magique.

Cela remue quelque chose de très profond en l'humanité.

L'homme-potier imite Dieu, lequel a crée l'homme avec de la glaise.

 

Madame Prajapati, mère de Roshan, enlève sur un plateau les poteries achevées qui encombrent l'atelier.

Elle s'assied dans la galerie extérieure, où elle égalise la base de chaque objet, en coupant avec une lame les morceaux superflus.

Elle se réjouie quand je lui montre quelques photos : d'elle à la découpe, de son potier de mari, et de Rohan malaxeur en chef !

 

Retour à l'atelier, où M. Prajapati débite des tirelires à cadence constante, en veux-tu en voilà !

À ma demande, il commence une série spéciale : échantillon de ses talents, composée d'une dizaine d'objets, chacun unique.

Les formes et les tailles sont variées : pots, coupes, tirelires, vases...

Quel progrès, ce passage de l'industrie artisanale à l'art d'artisan !

 

Roshan dépose la série spéciale dans la cour, où M. Prajapati pose avec fierté derrière son oeuvre.

Quel dommage que je ne sois qu'un apprenti photographe...

Ensuite, je fixe un rendez vous avec Roshan à la nuit tombée chez eux.

 

Je retourne voir les enfants du quartier, avec lesquels je passe de bons moments (voir l'article : "LE QUARTIER DES POTIERS").

 

 

Dans la journée, j'ai découvert d'autres techniques en flânant sur la place.

Une broyeuse permet de mélanger deux types de terre pour obtenir la glaise adéquate. Une des terres est très noire, donne sa couleur au mélange.

Pour des pièces assez grandes, des femmes trouent et enlèvent la base de glaise. Elles comblent le trou en repoussant délicatement la glaise des parois...

Elles s'aident d'un pilon pour consolider le fond et répandent une poudre à certaines étapes de leur travail.

A une étape ultérieure, une autre femme consolide le fond de pots, en le martelant avec un pilon.

 

Après 19 heures, je retrouve Roshan.

Nous échangeons nos adresses respectives sous la galerie, grâce à ma torche. Sa mère nous rejoint.

J'enverrai des photos aux trois membres de la famille, composée en réalité, avec trois autres enfants, de six personnes.

 

Roshan n'est guère passionné par le métier de potier.

L'avenir est incertain, la production se vend moins bien, à cause de la concurrence d'autres matières.

D'après lui, il y a cinquante potiers à Bhaktapur...

 

Il aimerait voyager, mais semble pessimiste sur la possibilité de réaliser cette envie.

-"I would to visit Eiffel Tower !"

-"I promise to send you a nice postcard from Paris. Travelling accross the world is expansive. But if you spend money, you can do it in several years !"

 

Roshan me propose de venir le lendemain matin à 7 h sur la place.

Je pourrai voir les poteries cuites, devenues rouges.

Un rendez vous que je ne veux pas rater...  

 

 

*          *          *

 

 

Le lendemain matin à 7h, je descends place des Potiers.

Au sud, deux grandes huttes rectangulaires sont les bâtiments essentiels. 

Elles possèdent un toit de tôles, l'un est recouvert de tuiles, l'autre de paille. Elles protègent deux foyers importants. 

Les potiers n'ont pas de four.

 

Avant d'allumer le feu, on dépose une épaisse couche de paille, puis des poteries, puis de la paille, des poteries et ainsi de suite.

On obtient une succession de couches stratigraphiques alternées, que j'aimerai observer avec des rayons X.

 

On voit un énorme tas de cendres de près de 2 mètres de hauteur.

Il est truffé de pots, dont la plupart sont enfouis, invisibles.

Une fumée âcre et piquante s'échappe par des tuyaux, spécialement disposés à cet usage,

Des petites flammes palpitent ça et là.

 

Un grand feu ayant produit beaucoup de braises, les poteries cuisent pendant une durée variable, entre deux et quatre jours en moyenne, selon le type de pots enfouis.

Leur couleur change, de noires elles deviennent rouges.

 

Un potier précise qu'une cuisson peut contenir environ 2000 petites poteries.

Je repère certains pots cassés, extraits des cendres.

Environ 10% d`une "fournée" est perdue. Il n`est pas possible de maintenir pendant des jours la température idéale, ce qui provoque de la casse...

 

Je retrouve Roshan et ses parents, chacun occupé à sa tache.

M. Prajapati tisonne les cendres pour retirer les pièces de terre cuite, les déposer dans un panier.

Sa femme enlève le panier hors de la hutte et aide son fils à remplir de poteries de gros sacs.

 

Bien sûr, plusieurs familles travaillent simultanément.

Tous se croisent harmonieusement. Peu de mots sont échangés, car chacun connait bien son travail.

Dans son coin, Roshan remplit des sacs sans répit. 

Des billets de banque passent de mains en mains.

 

Sur la place, un potier n'utilise pas un tour habituel, mais une grande roue.

Avec une perche, il lance son mouvement giratoire, puis tourne sa poterie tranquillement.

 

Un vendeur d'accroches poussière pour touristes, vexé par l'intérêt visible que je porte aux potiers, m'aborde.

La veille, il m'a proposé de visiter sa boutique, en vain.

L'affreux me relance ce matin, dégoulinant de servilité.

J'arrive à me dérober avec doigté...

Au diable, tous ces marchands aussi gluants que des tue-mouches !

 

Alentours, des poteries soigneusement disposées en tas, en rangées, ou d'autre belle façon, s'accumulent.

Tailles et formes sont variées : les inévitables tirelires, des coupes, des bols, des bougeoirs, des lampes pour temple, des soucoupes, etc.

Les femmes vont et viennent avec un panier tantôt vide, tantôt chargé.

 

Je quitte les lieux par l'ouest, évitant soigneusement de passer devant la satanée boutique du caméléon.

Et si ce camé au bizz s'appelait Léon ?

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 11:05, le 22/07/2009 dans D3. TRAVAIL des POTIERS de BHAKTAPUR, Bhaktapur
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