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VOYAGES RÉELS et IMAGINAIRES au NÉPAL (été 2009, été et automne 2011 ).

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RENDEZ VOUS à DURBAR SQUARE (17 juillet 2009).

 

 

RENDEZ VOUS à DURBAR SQUARE

 

 

 

 

 

 "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église".

 

 

 

 

Tout commence par un mel mystérieux, écrit en lettres capitales.

"RENDEZ VOUS LE 18 JUILLET A DURBAR SQUARE. PIERRE".

Que me veut ce Pierre ? Je n'ai pas l'honneur de le connaître...

Et comment sait-il que je viens de m'installer à Katmandou ?

Au Népal, il existe plusieurs "Durbar Square", mais ce Pierre ne précise pas de quelle ville il s'agit.

Comme s'il connaissait ma présence à Katmandou.

 

 

Pas un instant, je ne prends ce message à la légère.

Ce RV semble sérieux, même si deux éléments restent flous.

À quelle heure est ce RV ?

Et à quel endroit précis de Durbar Square ?

 

Pour le reste, je ne m'en inquiète guère.

Ce Pierre semble capable de m'identifier. Je n'aurai pas besoin de regarder chaque passant sous le nez pour deviner son prénom.

L'idée d'attendre toute une journée, sans certitude aucune, aurait pu m'insupporter.

Curieusement, cela pimente ce rendez-vous peu conventionnel.

 

Ceux qui ne connaissent pas Katmandou ont besoin d'explication.

Le meilleur endroit pour observer tout Durbar Square est le temple de Shiva. Du haut de son long escalier, on peut aussi y être vu aisément.

C'est là que j'attendrai Pierre.

 

 

*          *          *

 

 

Le 18 juillet, je me réveille vers 5h comme d'habitude.

Perché au quatrième étage de ma chambre de Freak Street, j'écris deux heures, fenêtres grandes ouvertes, dans une sérénité qui est un des plus grands bienfaits de cette vie.

Le quartier passe insensiblement du sommeil au réveil engourdi.

Les oiseaux, aux chants variés, sont rejoints peu à peu par les humains, qui échangent quelques mots, entre veille et sommeil.

 

 

 

Les premiers klaxons retentissent après 6 h, encore très espacés.

 

Ce matin, mon stylo précède mon cerveau, galope sur le papier, comme un cheval flairant l'écurie, qu'il pourrait regagner les yeux fermés.

 

Cela m'arrive rarement, et j'en profite.

 

 

 

A 7h, je descends dans ma dhaba préférée.

 

J'aime y prendre le petit déjeuner et un autre repas chaque jour.

 

On m'y connait, on y respecte mes habitudes.

 

J'y écris souvent. Si j'y passais toute une journée à écrire, personne n'y trouverait à redire, bien au contraire.

 

 

Les garçons comprennent à peine l'anglais et le parlent encore plus mal.

 

Cela est souvent source d'erreurs, parfois cocasses, qui m'amusent.

 

Et je regretterais ces écarts poétiques, si notre communication devenait transparente.

 

 

 

Vers 8h, je marche tranquillement vers Durbar Square.

 

C'est beaucoup trop tôt, mais je n'ai rien de mieux à faire.

 

Sur la place de Basantapur, les marchands pour touristes sortent de caisses de bois leurs colifichets.

 

lls les déposent sur des planches de bois, posées sur des boîtes de conserve ou sur des briques, presque au raz du sol.

 

Les deux premiers jours, les frelons du cru, rabatteurs, chauffeurs de taxi et autres dealers, m'ont harcelé innocemment, se fiant à ma mine d'Occidental.

 

Depuis une mise au point fort claire, ils évitent de perturber mes rêveries et me laissent aller en paix.

 

 

 

Les voitures et motos ne stressent pas encore toute déambulation à travers Durbar Square.

 

Je grimpe les marches du temple de Shiva, appelé aussi Mahadeva (Maju Dega).

 

De là-haut, on domine agréablement la place.

 

 

 

Peu de piétons. Vélos, motos et voitures circulent en souplesse.

 

De tous côtés, des temples à toits multiples, posés sur des pyramides à degrés, comme sortis de terre, témoignent des siècles passés.

Le Maju Dega possède neuf degrés, marches pour demi dieux, donnant accès à Shiva.

 

Je sors un bloc, dessine la place, ses temples, pour m'approprier l'espace, faire jouer le vide avec les masses de pierres, de briques et de tuiles.

Dans cet ensemble architectural homogène, le Goddi baithak détonne. Entièrement blanc, son style néo classique surprend défavorablement.

 

Croquis et dessins se succèdent : le temple de Shiva et Parvati, le temple de Narayan.

A cette distance, la maison de Kumari ressemble un peu à un pallazo italien.

J'achève ce croquis, quand un gamin me touche l'épaule. Sans un mot, il me tend une enveloppe, redescend aussitôt l'escalier.

 

Dans l'enveloppe, je trouve une carte postale du Durbar Square de Bhaktapur.

Au verso, quatre mots sont écrits : " LE 20 JUILLET. PIERRE."

Ce Pierre aime les formules lapidaires et les Durbar Square népalais.

Une excursion à Bhaktapur me convient.

J'en ai assez de la pollution de Katmandou.

 

 

*          *          *

 

 

Descendant d'un bus local à un arrêt situé à l'est de la ville, je traverse à pied la moitié de Bhaktapur.

Quelle concentration de temples, de fontaines ou de puits, de grandes demeures... Je marche dans cette beauté, heureux de respirer une telle atmosphère.

Location d'une chambre dans le quartier des Potiers.

Après-midi visite au hasard dans plusieurs quartiers et je termine cette déambulation à Durbar Square.

 

La nuit s'infiltre, je meurs de faim.

Je me refugie dans un restaurant de la place, entièrement vide à cette heure, ce qui me plaît.

Buvant un café, je note deux ou trois idées, un rythme, pour un poème.

Au moment où le serveur apporte un plat newari, un déluge s'abat sur Bhaktapur.

 

Après avoir admiré ce déchaînement de tempête à la fenêtre, je savoure un plat excellent.

Deux Népalais boivent un verre en silence, ne peuplent guère la grande salle vide.

Regarder les trombes d`eau incessantes donne un saveur particulière à ce dîner à la bougie.

Dehors, de rares parapluies jaillissent de la nuit et disparaissent.

 

Après le yaourt, offert par la maison, je constate que la mousson, toujours aussi violente, mettra des heures avant de s'épuiser.

Avec un parapluie emprunté au serveur, je fonce approximativement dans les rues obscures, ruisselantes d'une multitude de torrents.

On se croirait dans un village de montagne qu'un orage transforme en une mystérieuse pieuvre liquide.

 

 

*          *          *

 

 

Le 20 juillet vers 8h, je slalome entre les monuments de Durbar Square pour profiter de la tranquillité provisoire des lieux.

Assis en haut des marches du temple de Vatsala Durga, j'y regarde nonchalamment les oiseaux et les passants.

Soudain, je prends conscience d'un rythme. Un homme fait sonner une grosse cloche à côté, recommence, et ainsi de suite. Chaque série compte vingt coups...

 

Je rejoins le sonneur, qui me remet une enveloppe et s'éclipse.

C'est une photographie d'une librairie de Bhaktapur.

Au verso : "LUNDI 27 JUILLET. LES CLÉS DU PARADIS. PIERRE."

 

Toute la journée, je rumine cet aphorisme en marchant à l'aveuglette dans les rues ensoleillées.

Passer toute une semaine à Bhaktapur ?

Et pourquoi pas ?

Il n'y a pas de lieu superflu, il n'y a que des lieux nécessaires.

D'instinct, j'adopte cette loi, je vais séjourner à Bhaktapur le temps qu'il faudra.

Cette ville est attachante. Vais-je y trouver les clés du paradis ?

 

   

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 17:17, le 17/07/2009 dans C2. RV a DURBAR SQUARE (nouvelle)., Katmandou
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